2 Calcul des distances et accessibilité
L’accessibilité découle du calcul des distances par mode et des localisations des opportunités (ici les emplois) sur le territoire. Elle mesure le potentiel de mobilité en chaque point, qui ne doit pas être confondu avec la pratique de mobilité qui sera évaluée ensuite.
L’accessibilité est définie comme le nombre d’opportunités – d’emplois – que l’on peut atteindre en un temps donné en partant d’un lieu donné. On utilise également le terme accessibilité pour désigner le temps qu’il faut pour atteindre un nombre d’emplois donné. Les deux notions sont réciproquement liées.
Le calcul de l’accessibilité suppose le calcul de toutes les distances entre les paires de lieux de résidence - lieux d’emploi. Pour la métropole d’Aix-Marseille, la volumétrie est importante (26k \times 36k \times4= 4G paires de distances calculées). En plus des distances, on calcule systématiquement les temps de parcours et les dénivelés positifs le long du parcours.
Parce que l’accessibilité mesure un potentiel, elle est un facteur puissant pour expliquer les prix de l’immobilier, du moins en général. La forme urbaine particulière, la forte ségrégation et la valorisation d’aménités comme la proximité de la mer, d’espaces naturels ou simplement la « vue » peuvent contredire l’analyse univariée par l’accessibilité seule.
Malgré ces réserves, l’accessibilité permet une cartographie originale du territoire.
2.1 Méthodologie
Les distances et les temps de trajet pour la métropole d’Aix-Marseille ont été calculés en utilisant :
Les données MOBPRO pour sélectionner les paires de communes. Cela évite de calculer des distances entre des origines et des destinations sans lien. L’inconvénient est que l’on ne produit pas les distances pour des communes non reliées et donc on ne comprend pas l’absence de lien. La notion d’emploi est celle déclarée pour le recensement, qui peut différer de sources « entreprises ». C’est une notion couvrant toutes les formes contractuelles (salariés, non salariés, emploi public).
Pour les transports en commun, les GTFS répertoriés sur Open Data - lepilote, le moteur employé est R5 de Conveyal. On a retenu soit la médiane, soit le quantile 5% des temps de trajet sur une plage horaire d’une heure (de 8h à 9h, le matin, un jour de semaine hors période de congé, en l’occurrence le 14/06/2023). Ceci permet de tenir compte des fréquences et des temps de correspondance (en fonction des horaires diffusés pour ce jour là). Le quantile 5% représente la possibilité de choisir son horaire de départ entre 8h et 9h pour minimiser son temps de trajet.
Pour la voiture, les données OSM (téléchargées en décembre 2023) et le moteur de routage
dodgrqui a été optimisé pour un calcul bien plus rapide. En plus des distances et des temps de trajet, on calcule les dénivelés et on pourra en tenir compte pour les émissions ultérieurement. Les vitesses de déplacement sont les limitations de vitesse en vigueur (ou renseignées sur OSM), modulées en fonction des types de route. Une pénalité pour les feux rouges ainsi que pour les changements de direction (traversée d’un carrefour) est appliquée ainsi qu’une pénalité de « parking » au départ et à l’arrivée d’autant plus importante que la densité de population est grande dans le carreau origine ou destination. A ce stade, faute de données convaincantes, la congestion n’est pas intégrée. En utilisant la couche de mapbox sur le trafic habituel, il est envisageable de calculer les temps de parcours avec la congestion habituelle pour différents jours d’une semaine moyenne et pour les moments avec un pas de temps de 5 minutes.Pour le vélo et la marche, le moteur de calcul et les données sont les mêmes que pour la voiture, en utilisant bien sûr des vitesses conformes. Un coût du dénivelé positif est introduit pour ces deux modes, réduisant la vitesse lors des montées et l’augmentant pour le vélo uniquement pour les pentes inférieures à 5%. Aucun élément de « stress » à vélo n’est pris en compte, cela pourra être fait ultérieurement.
2.2 Accessibilité par mode de transport
L’accessibilité consiste à mesurer pour chaque lieu de résidence le temps d’accès à un seuil d’emploi (par exemple 100 000 emplois). Cette notion n’est pas directement reliée aux distances parcourues, puisqu’in fine chaque individu n’occupe qu’un emploi et que les comportements de choix, de mode de transport conditionneront la pratique. L’accessibilité permet en revanche de mesurer le potentiel d’emploi qui s’offre à partir d’un lieu de résidence. On relie ainsi nettement l’accessibilité à la valeur du foncier.
Les cartes suivantes présentent l’accessibilité à 50 000 emplois pour 4 modes de transport. La dimension z (ou la hauteur des colonnes) représente le nombre d’actifs (au sens de MOBPRO, pour l’année 2020) du carreau.